« Sans règle de trois »

Sans règle de trois

Une main dans tes cheveux
Une bague à mon doigt
Un toit pour nous deux
..

Quoi de plus normal
Quand on est amoureux que
De vouloir d’la marmaille

Puis les jours ont passés
La médecine a parlé
Des prières puis des larmes

A troquer notre orgueil
Pour accepter le deuil
Les silences et le froid

PRE REFRAIN
Toi et moi ça fait qu’un
Un plus un ça ferait trois
Mais si l’on retient un
Je n’te retiendrai pas

REFRAIN
Sans règle de trois
Toi sur moi ça fait quoi ?
Rien
Et tu n’es plus là

Sans raisons et sans droits
Je ne mérite pas
Ni d’enfant
Ni de toi

On aurait pu adopter
Ca demande des années
Et tu vieillis, c’est vrai

Je sais que tu es désolé
Que tu m’aimes, mais,
Il s’agit de ton sang
Du nom de ton enfant

J’avais des tonnes de caresses

Je détonne de détresse
Maintenant célibataire


Qu’ai-je donc à proposer
Un ventre beau
Un ventre bon qu’à digérer

PRE REFRAIN

REFRAIN

PONT
A sublimer…

J’ai oublié
ma féminité
A contre-courant
Je retrouverai
L’essence de ma vie
Sans avoir enfanté

REFRAIN
REFRAIN

Marie TABUREL

« Je tourne »

Dis maman c’était qui ce monsieur ?
Pourquoi je vois de la pluie tomber dans tes yeux ?
Tes lèvres tremblent mais elles restent silencieuses
La vie des grands est vraiment trop mystérieuse

Dis maman pourquoi papa ne rentre pas ?
Il est où, dis-moi, quand-t-il reviendra ?
Tes épaules sursautent, tu ne réponds toujours pas
Et si c’était ma faute, je vais me cacher sous mes draps

Refrain
Et je tourne, tourne, tourne, tourne et t’attrape les doigts
Et je tourne, tourne, tourne, tourne pendu à ton bras
Regarde maman la vie est bien plus drôle vu d’en bas
Aller danse, danse, danse, danse, avec moi

Maman, je suis désolée mais je dois partir
J’ai une mission sur la lune qui changera notre avenir
Je dois garder le secret tu sais comme c’est difficile
Je dois à tout prix te ramener de ton île

Refrain
Et je tourne, tourne, tourne, tourne et t’attrape les doigts
Et je tourne, tourne, tourne, tourne pendu à ton bras
Regarde maman la vie est bien plus drôle vu d’en bas
Aller danse, danse, danse, danse, avec moi

Et je tourne, tourne, tourne, tourne et t’attrape les doigts
Et je tourne, tourne, tourne, tourne pendu à ton bras
Regarde maman la vie est bien plus drôle vu d’en bas
Aller danse, danse, danse, danse, avec moi

 

Marie TABUREL

« L’Idylle file »

Je voudrais te draper
T’enlacer contre moi
Mais hélas, lassé,
Tu joues de mes bras

Le fil de soie,
Entre toi et moi,
S’effile déjà
Depuis plusieurs mois

Notre amour hémophile
Aurait besoin sans tarder
De coton hydrophile
De pansements dorés

Au fil de l’eau,
L’idylle file
Pas de vent dans l’dos
Mais le vague à l’âme
De fil en aiguille
Je me languis de toi
Et toi tu fais l’anguille
Donc j’aiguise mes lames

Tu visites des jardins
Aux couleurs juvéniles
Goutes des parfums
Aux lèvres chlorophylles

Tissu de mensonges
Issu de vieux songes
Cousu de fil blanc
Jauni dans le temps

Tu files et tu tisses,
Telle une araignée
Dans toutes tes toiles
Tu sembles m’éviter

REFRAIN

Le vertige te fascine
L’adrénaline t’emmène
Plus tu m’embobines
Et plus je m’emmêle

Je frise l’asile
À t’épier, je perds pied
Puis je tombe en coupant
Ce fil qui nous liait

Marie TABUREL

« La fleur au fusil »

Une mère, un fils, le terrorisme, un attentat suicide…

La fleur au fusil

Laisse-moi déposer une fleur à ton fusil
Sans aucun autre leurre que l’espoir d’être unis
Quitte à parler des heures tous les deux sous la pluie
Le monde est bien meilleur que ce qu’ils t’ont promis

Alors ça y est
On t’a embauché
On t’a promis un rôle,
Mieux que celui de Stallone

Tu vas pouvoir exister,
Quelques mois c’est sûr,
Peut-être même une année
Tu rêvais d’aventures

Mais à cause de quoi ? A cause de qui ?
Comment ? et pourquoi ? Les hommes sont ainsi…

Laisse-moi déposer une fleur à ton fusil
Sans aucun autre leurre que l’espoir d’être unis
Quitte à parler des heures tous les deux sous la pluie
Le monde est bien meilleur que ce qu’ils t’ont appris

Ils créent tant de coupables
Génèrent tant de questions
Ces chasseurs de cartables
Dont ils prennent possession

Ils exploitent leurs failles
Créent l’ébullition
De corps sur gouvernail
Chargés de munitions

Mais à cause de quoi ? A cause de qui ?
Comment ? et pourquoi ? Les hommes sont ainsi…

Laisse-moi déposer une fleur à ton fusil
Sans aucun autre leurre que l’espoir d’être unis
Quitte à parler des heures tous les deux sous la pluie
Le monde est bien meilleur que ce qu’ils t’ont appris

Mais il est trop tard
Déjà tu me haïes
Ils ont vidé ton regard
C’est presque fini

Un dernier pétard
Après l’infini
Il y aura des marres
De sang et des cris

Mais à cause de quoi ? A cause de qui ?
Comment ? et pourquoi ? Les hommes sont ainsi…

Laisse-moi déposer une fleur à ton fusil
Je n’avais pas d’espoir, je sais qui je suis,
Je n’ai aucune arme, je crois en la vie
Aux pluies de larmes qui illuminent ces vies

 

Marie TABUREL

« Sur le trottoir »

En 9 mois à peine sur le trottoir
Ton petit t’a tout volé
Le corps de ta femme
La douceur d’ses baisers

L’instinct primaire
Soufflé dans les plumes
De l’instant d’une mère
Piaillant que tu es nul

Assis sur une marche
Sur le trottoir d’en face
Tu le regardes dormir
Sur le blanc de la place
Assis sur cette marche
Sur ce trottoir en face
Tu le regardes dormir
Sur le blanc de la place

Petit à petit
L’oiseau fait son nid
Mais sur une branche pourrie
L’oiseau s’est enfui

Les vautours de la nuit
Emparés de lui
Il apprend et survit
À la volée se nourrit

Chaque jour endurcit
Sous le vent et la pluie
Transparent des passants
Transpirant au soleil

Tu verras sa mère
Venu l’réveiller
Masquant son mouchoir
Le sourire forcé

Assis sur une marche
Sur le trottoir d’en face
Tu le regardes dormir
Sur le blanc de la place
Assis sur une marche
Sur le trottoir d’en face
Tu les regardes souffrir
Sur le banc de la place

Les oiseaux se cachent
Font volte-face
A l’envie de mourir
Au reflet dans la flaque

Marie TABUREL